La première fois que je t'ai vraiment cerné, j'ai senti cette force dans ton regard, celle qui intimide les autres, les attrape. Comment est défini le caractère d'une personne sinon dans sa manière de regarder les autres ? Ce regard fixe et démesuré, si insolent, se sentant si puissant, c'était du toi tout craché, c'était quelqu'un que les autres n'aiment pas particulièrement, un personnage stéréotypé dans la société, de ceux qu'on met dans une petite boîte avec leurs clones, leurs principes, leurs règles et leurs croyances. J'ai toujours mis des mots bien trop extrêmes, mal placés, horriblement faux, avec des tas d'artifices et avec une pseudo profondeur pour nous décrire. Et bien, je me trompais. La vérité, il n'y en a pas plus que dans un jeu, il y en a quand bon nous semble, quand le ciel est bleu ou gris, ce n'est jamais tout simple ou trop compliqué. Un jeu, oui, avec un tas de règles, mais de la tricherie, des supercheries, de la concurrence, des victoires, des défaites. Et là encore, j'utilise des métaphores, c'est dingue ce que tu m'inspire, pourquoi ces pertes de temps, ces batailles, ce desespoir ? Je t'ai demandé de me laisser tranquille. Tu l'as fait. Mais tu es revenu. Tu m'as fait comprendre que j'avancerai sans toi. J'ai apprivoisé ton absence. Mais tu es revenu. On t'as mi en garde, tu en a pris conscience, mais tu es revenu. Tu me vois en colère, les yeux humides, démêlant mes sentiments, tu me vois plus forte, puis faible à nouveau, mais tu reviens. Je connais la suite, la voilà la raison. Le desespoir de savoir que je perdrai d'avance. Et te savoir à nouveau savourer ma présence pour satisfaire ton petit coeur d'égocentrique. Je suis la seule, je le sais, et de loin. Je te connais presque par coeur. Presque parce que je n'explique pas ce regard qui me donne envie de te balancer je t'aime en pleine figure. Celui là, je ne l'ai jamais cerné...


